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Flash : Durcissement des conditions de financement

« Les dindons de la farce »


Le regard de Bernard Nicod  

Alors que les taux hypothécaires à terme fixe de 10 ans ont quasiment doublé en quelques semaines (passant, en gros, de 1% à 2%), il n’en va pas de même pour les rendements sur l’épargne, qui restent figés aux alentours de 0.2 % quand tout va bien… Dire que nombre d’instituts financiers profitent de cette situation est une litote. 

Du côté de la Banque Nationale Suisse, on continue à se tâter. Renoncer, ne serait-ce que partiellement à l’intérêt négatif (actuellement de 0.75 %) n’est pas encore à l’ordre du jour, la BNS craignant, ce faisant, d’alimenter l’inflation. Des bruits courent toutefois qu’il pourrait y avoir une adaptation avant la fin de l’année.

C’est que le taux d’inflation dépassera 2% cette année, une mauvaise nouvelle pour nombre de nos concitoyens qui, par ailleurs, doivent aussi s’attendre à une hausse massive des primes d’assurance maladie pour 2023, sans même parler de la hausse de prix des denrées alimentaires. Seule « bonne » nouvelle : le prix de l’énergie devrait rester stable, ce qui est principalement dû au fait qu’il a déjà pris l’ascenseur il y a plusieurs semaines.

Et l’immobilier ?

Malgré ces nouvelles peu réjouissantes, rien de semble altérer la bonne santé du marché de l’immobilier. Les prix ? La demande dépassant l’offre dans bien des régions, ils s’affichent toujours à la hausse, même si cette dernière n’est plus aussi marquée qu’au cours de l’année écoulée. 

N’empêche : selon la banque Raiffeisen, le prix des maisons individuelles a augmenté de près de 10% au cours de 12 mois écoulés, voir même plus en région lémanique. Quant au prix des appartements, la hausse a été moins forte, mais a quand-même dépassé les 6%.

Conséquence : l’accession est la propriété, un parcours déjà semé d’embuches, va être encore plus difficile avec un durcissement prévu des conditions de financement. 

Une aberration lorsque l’on sait que la Suisse est déjà le pays d’Europe au plus faible taux de propriétaires (autour de 37%) et que malgré la hausse de prix, être propriétaire reste fréquemment moins coûteux que de rester locataire, ce dont la plupart des candidats à l’acquisition sont conscients.

La Finma, - autorité de surveillance des marchés financiers, inquiète de l’évolution de l’endettement, oblige désormais les prêteurs hypothécaires à constituer davantage de réserves pour tous les crédits qu’ils accordent, dans le but évident de les décourager. 

Et elle a sans doute applaudi des deux mains en apprenant que la motion approuvée par le Conseil national et permettant d’utiliser les avoirs du 2ème pilier pour la totalité des fonds propres (et pas seulement la moitié, comme prévu actuellement), avait été rejetée au Conseil des Etats.

 Nous aurons d’autres occasions de parler des investisseurs institutionnels et notamment des caisses de pension. Ayant fréquemment acheté à prix surfait des immeubles à faible rendement, elles vont peiner à justifier les amortissements importants auxquels il leur faudra procéder si la hausse de taux d’intérêt se poursuit.

Le Groupe Bernard Nicod