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Renchérissement et achat immobilier

Le regard de Bernard Nicod : Un taux d’inflation, ça trompe énormément !

 

Dans quelques jours, l’Office fédéral de la statistique (OFS) publiera un communiqué qui dira en gros ceci : « en avril 2022, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0.5% par rapport au mois précédent, pour s’établir à 103.5 points (décembre 2020 = 100). Par rapport au mois correspondant de l’année précédente, le renchérissement s’est chiffré à +2.6% ».

Ennuyeux, mais pas dramatique, serait-on tenté de se dire, notamment au vu du renchérissement enregistré fin mars en Espagne (9.8%), aux USA (8.5%), en Allemagne (7.3%) et en France (4.5%).

Si toutefois, vous avez l’impression qu’en réalité, le coût de votre vie a augmenté, fiez-vous plus à vos impressions qu’aux statistiques ! Voici pourquoi. 

 

Comment est calculé l’indice des prix à la consommation (IPC) ?​​​​​​​

 

Chaque mois, l’OFS fait relever par un institut d’étude de marché mandaté quelques 70’000 prix. Le relevé est effectué dans des points de vente déterminés et pour mesurer l’évolution des prix. Pour que cette mesure soit fiable, l’OFS a créé un « panier-type » qui comporte une sélection représentative de biens et de services consommés par les ménages privés.  

Il est subdivisé en 12 catégories de dépenses, chaque catégorie étant pondérée en fonction de la part qu’elle représente dans les dépenses des ménages (par exemple : les ménages consacrent 25.4% de leurs dépenses au logement et 10.4% à l’alimentation). Pour refléter au mieux les dépenses réelles des ménages, cette pondération est mise à jour chaque année.

Jusque-là, rien à redire. Mais pour des raisons dites « méthodologiques », les primes d'assurance-maladie, par exemple, ne sont pas incluses dans l’IPC. Comme l’explique l’OFS (en clair ?) « les primes d’assurance-maladie correspondent à des transferts versés aux assurances par les ménages privés. En cas de dommages, ces versements sont restitués aux ménages en guise de réparation. Ils servent donc uniquement à financer une certaine consommation à venir et ne font pas partie de la consommation privée à proprement parler ».​​​​​​​

 

A chacun son taux d’inflation !​​​​​​​

 

Prenons un exemple : chauffeur indépendant, vous êtes propriétaire d’une petite maison dont vous avez récemment remplit la citerne de mazout. Vous avez acheté quelques meubles et êtes un grand mangeur de pâtes. Pour vous, l’augmentation du coût de la vie a été dramatique puisque par rapport à mars 2021, le prix de l’essence a augmenté de 24%, celui du mazout de 55%, les meubles de 11% et les pâtes alimentaires de 18.7%.

Si, par contre, vous aviez rempli votre citerne en janvier, que vous êtes employé/e  de bureau, disposez d’une hypothèque à taux fixe, que vous vous déplacez en transports publics, avez juste acheté quelques habits et êtes plutôt mangeur de légumes et de fromage avec de temps en temps, un bon morceau de viande, vos dépenses sont restées stables par rapport à mars 2021.

L’IPC est donc une moyenne, calculée pour l’ensemble des ménages de toute la Suisse et, par définition, ne peut pas correspondre à une mesure individuelle.

Le Groupe Bernard Nicod