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Marché de l’immobilier : ni bulle, ni crise en 2022 ?

Le regard de Bernard Nicod

 

Comme se plaisent à le dire les économistes au langage fleuri : « en ces premiers mois de 2022, il y a baisse de la hausse des prix ». Entendez : les prix augmentent encore, mais moins fortement qu’en 2021. On peut d’ailleurs s’en convaincre au vu de la croissance constante de l’endettement hypothécaire des ménages suisses.

Au lendemain de la crise Covid et au vu de la guerre en Ukraine qui perdure, l’impressionnante explosion du coût de nombreuses matières premières – le prix de certains produits a plus que doublé – aura un impact d’autant plus important sur les nouvelles constructions qu’il faudra aussi tabler sur une hausse du coût des crédits de construction.

Risque de bulle immobilière en Suisse en 2022 ?

Si la plupart des instituts financiers et autres « experts » s’accordent à penser qu’un krach immobilier est exclu pour 2022, j’avoue être plus circonspect pour ma part. Moins pour des raisons économiques pures que géopolitiques. Je m’explique.

Cela fait plus de deux mois que la guerre en Ukraine fait rage. Les pertes humaines (civils et militaires) sont évaluées à plus de 50’000, 13 millions de personnes ont été déplacées (la Suisse a accueilli 35’000 réfugiés) et les dommages matériels se comptent en centaines de milliards.

Depuis la mi-avril, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, pour ne citer qu’eux, livrent désormais une guerre par pays interposé à la Russie. Les buts de cette guerre ? Nous les ignorons, même si récemment, le ministre de la défense américain a déclaré que le but était de « donner à l’Ukraine les moyens de gagner ».

Je suis donc d’autant moins optimiste quant aux chances de voir des négociations entre Russie et Ukraine aboutir que parallèlement, les pays européens membres de l’OTAN sont en train de servir servilement des intérêts qui ne sont pas les leurs et que même notre pays – que j’espérais de tout cœur voir garder sa neutralité – s’est activement rallié à cette escalade de tous les dangers.

Conscient que nous ne savons que fort peu de choses au sujet de cette guerre, si ce n’est ce que les communicants propagandistes d’un côté comme de l’autre veulent bien nous faire avaler, je ne suis pas en mesure de tirer des conclusions, si ce n’est que le marché immobilier n’évolue pas qu’en fonction de données économiques, mais également des données émotionnelles.

Un sentiment croissant d’insécurité, provoqué notamment par la disparition « de facto » de notre neutralité, les menaces russes (M. Putin et M. Lavrov évoquent un peu fréquemment les risques d’une 3ème guerre mondiale et l’engrenage nucléaire) et la forte poussée d’inflation qui nous guette sont autant de facteurs à prendre en considération car à même de provoquer des changements rapides et brutaux, aussi bien sur les marchés financiers que dans le secteur de l’immobilier.

Nous en sommes donc réduits de faire des prévisions à très court terme. Une guerre qui perdure avec des livraisons d’armement massives de la part des pays de l’OTAN n’aura pas les mêmes conséquences sur le marché du logement qu’une guerre qui se terminerait rapidement.

Le Groupe Bernard Nicod